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Le Domaine de Montjean sous la Restauration

Selon les archives et des anciens plans, le lieu dit où est situé actuellement le château de Montjean, était appelé Mont-Jean. Jusqu’en 1795 au moins, il ne se trouvait à cet endroit qu’une maison bourgeoise qui ne méritait pas l’appellation de château. Celui-ci a été construit sous l’Empire.  

Sur le domaine, voient le jour pendant cette période, deux propriétés possédant chacune des bâtiments de résidences juxtaposés construits vraisemblablement par deux généraux d’Empire. D’après Henri Breton, un enseignant historien local, leurs tombes se trouvaient dans un petit cimetière situé dans le domaine de Montjean.

Sur le plan cadastral napoléonien ci-dessous, datant de 1811, on distingue les deux propriétés avec leurs bâtiments d’habitation associés. On peut remarquer que la route en lacets n’existait pas à l’époque. Ce n’est que vers 1900 qu’elle  figure sur les plans.  Les lacets ont diminué la pente de la route, ce qui a facilité la montée vers le château.

Cadastre napoléonien de 1811

Charles Georges de Clermont-Gallerande né à Paris, a suivi la carrière des armes et est nommé brigadier de cavalerie en 1780 puis maréchal de camp en 1784. Il reste fidèle à la monarchie et veille aux intérêts des Bourbons. Emprisonné pendant la Terreur, il est sauvé par la chute de Robespierre. A la première Restauration en 1814, il est nommé pair de France  puis lieutenant général. Il vote la mort du Maréchal Ney. C’est à cette époque qu’il acquit la partie sud du domaine de Montjean. Il se marie en 1771 avec Catherine Césarine de la Tour du Pin Gouvernet. Il est enterré au cimetière du Père Lachaise. 

Au moment de la Restauration, les propriétés passent dans les mains de personnalités favorables à la monarchie. En 1817, celle située au sud appartient au marquis de Clermont-Gallerande (1744/1823) et celle du nord au général Chasseloup Laubat (1754-1833).

François Charles Louis de Chasseloup-Laubat est né en Saintonge dans une vieille famille bourgeoise ou noble suivant les sources. Il s’engage dans le métier des armes et se spécialise dans le génie. A la Révolution, il refuse d’émigrer et entre 1792 et 1796, se bat dans les armées de celle-ci dans l’est de la France. Il passe ensuite en Italie avec Bonaparte qui le remarque et l’apprécie pour sa maitrise des techniques de sièges des places fortes. En 1797, il est promu général de brigade. Il fait toutes les campagnes napoléoniennes et est nommé commandant en chef du Génie de la Grande Armée. Il est nommé comte d’Empire en 1808 et membre du Sénat en 1813. Il prend sa retraite peu après,  vote la déchéance de Napoléon et se rallie à La Restauration mais vote contre la mort du Maréchal Ney. Chargé d’honneurs il devient marquis en 1817. Il prête serment à Louis Philippe en 1830.Il s’était marié en 1794 avec une cousine née Fresneau de la Gautaudière. Il a acquis vraisemblablement la partie nord du domaine de Montjean, au début de la Restauration. Son nom figure sur l’Arc de Triomphe et une rue Chasseloup Laubat existe dans le 15° arrondissement de Paris.

A la mort du marquis de Clermont Gallerande, la partie sud du domaine de Montjean devient la propriété du duc Louis Marie Céleste d’Aumont (1762-1831).

Né à Paris, le Duc de Pienne, Marquis d’Aumont puis duc d’Aumont et de Villequier eut une vie mouvementée. Il entre dans la carrière des armes et est nommé colonel avant la Révolution. Il  devient premier gentilhomme de la chambre du roi Louis XVI en 1785 puis  pair de France à partir de 1799. Il reste toute sa vie fidèle aux Bourbons. Il émigre à la Révolution et fait carrière pendant celle-ci et l’Empire dans les armées étrangères combattant la France. A la Restauration en 1815, il est nommé Lieutenant général d’armée et couvert d’honneur et de décorations. Il épouse en 1781 Madeleine Mélanie Henriette Charlotte de Rochechouart qui décède  prématurément en 1790. Son mari volage, qui avait pour maitresse Mme de Rully, l’a rendue très malheureuse. Le duc d’Aumont se remarie en 1792 avec Françoise Fortunée Pauline de Chauvigny de Blot, veuve du comte de Rully  sa maitresse depuis de nombreuses années. La duchesse se sépare de son mari en 1817, car celui-ci  a une nouvelle maitresse, la baronne de Marguerittes. La duchesse d’Aumont décède en 1829.

En 1823, le duc d’Aumont devient propriétaire de la partie sud du domaine de Montjean et du château actuel. Le baron de Marguerittes devenu marquis, s’installe au château avec son épouse au titre d’intendant du domaine.

C’est de ce domaine que l’aéronaute Dupuy Delcourt s’envole pour la première fois avec sa « Nautique aérienne ». Montjean est également le cadre du mariage de Noémie la fille du baron de Marguerittes. C’est  à cette occasion que celui-ci offre un tableau de la Nativité à l’église de Wissous.

En troisième noce, en 1830, le duc épouse sa maitresse Eugénie Louise de Fontelay veuve du  baron de Marguerittes.

A sa mort en 1831, son fils ainé Adolphe Henri Aimery devient le nouveau duc d’Aumont et de Villequier et sans doute le nouveau propriétaire du domaine de Montjean.

Quelques années après, sans doute suite au décès du général Chasseloup-Laubat en 1833,  les deux propriétés sont acquises par Auguste Rodolphe Darblay , maitre de Poste, meunier industriel, député et homme politique. Le domaine de Montjean est reconstitué.

Les bâtiments résidentiels de la partie nord sont détruits en 1900 par Jenny la fille d’Auguste Darblay.

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Guillaume Bigourdan

Le nom de Guillaume Bigourdan a été attribué à une rue de Wissous, anciennement appelée la rue Neuve. Certains doivent se demander pour quelles raisons et en quoi ce personnage est rattaché à notre commune.

Guillaume Bigourdan est né à Sistels (Tarn et Garonne) en 1851, dans une famille modeste d’agriculteurs qui se sacrifia pour permettre à l’élève brillant qu’il était de poursuivre ses études. 

Celles-ci continuèrent avec succès à la faculté des Sciences de Toulouse. Il intègre l’Observatoire de cette ville en 1877. En 1879, il rejoint l’Observatoire de Paris dirigé par l’amiral Mouchez, où il travaille avec le professeur Tisserand.  

C’est en 1885 qu’il fait la connaissance de Wissous en épousant Sophie Mouchez (1863/1948) la fille de l’amiral qui y réside. Ils auront 9 enfants dont 3 garçons. En 1903, il est élu membre titulaire du Bureau des Longitudes et en 1920 nommé premier directeur du Bureau International de l’Heure. Il se rend fréquemment à Wissous où réside souvent son épouse et en particulier lors des réunions familiales qui se déroulent dans la propriété Mouchez.

Guillaume Bigourdan est au centre de la photo prise à Wissous en 1921 dans la propriété Mouchez.

En 1924, il devient Président de l’Académie des Sciences et l’année suivante Président de l’Institut de France.

Il meurt à Paris le 28 février 1932 et repose au cimetière Montparnasse.

Par décision du Conseil Municipal en date du 17/11/1932, la rue Neuve devient la rue Guillaume Bigourdan, laquelle longe la partie est de la propriété Mouchez.

Astronome, Guillaume Bigourdan travailla tout spécialement sur l’amélioration des appareils d’observation. Il étudia plus particulièrement les nébuleuses et observa les planètes. Il en découvrit une qu’il nomma Alma.

Il reçut de nombreux prix scientifiques.

Les descendants de la famille Mouchez nous ont procuré des photos prises à Wissous sur lesquelles il figure et nous les en remercions.

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Général de Gressot

Xavier M. Thérèse Eugène de Gressot, fils de François Fidel Joseph de Gressot baron et général, est né le 16 mai 1823.

Sorti de Saint Cyr, il fait la campagne d’Italie sous Napoléon III, puis passe plusieurs années en Algérie. Nommé colonel du 7° régiment des dragons le 1/10/1869 c’est à sa tête qu’il fait la guerre de 1870. Il s’y distingue en particulier à Rezonville le 16/8/1870. Ce fait d’arme lui vaut la croix d’officier de la légion d’Honneur.

Le colonel de Gressot en 1870 à Metz venant d’être décoré de la légion d’honneur.

Encerclé par les prussiens avec l’armée Bazaine, il s’oppose sans succès à la capitulation.

Après la guerre il est nommé général de division de la cavalerie. Il semble qu’il soit venu habiter Wissous rue du Vivier (actuellement rue de l’amiral Mouchez), et devenu un familier de la famille Mouchez, comme nous pouvons le constater sur la photo ci-jointe prise dans la propriété de l’amiral en 1881 et sur laquelle il figure. Le colonel Flatters et son épouse fréquentaient également l’amiral, de sorte que l’on peut en déduire que c’est chez lui que le général de Gressot et Mme Flatters, née Marie Legros (1845-1933), ont fait connaissance.

Le général de Gressot assis à l’extrême droite dans la propriété Mouchez à Wissous en 1881.

Après la mort dramatique du Colonel Flatters dans le Sahara le 16 février 1881, sa veuve s’est remariée avec le général de Gressot le 23 janvier 1883 et le couple a vécu dans la propriété de colonel Flatters qui devint la propriété de Gressot. Elle était située chemin de la Vallée devenu depuis rue général de Gressot.

En 1887, la presse rapporte une manœuvre militaire qui s’est déroulée à Wissous sous les ordres du général de division de Gressot. Le site choisi pour l’opération concernait plus particulièrement la gare et les voies ferrées de la ligne stratégique qui devaient être reconquises à l’ennemi et réparées. Cette ligne stratégique  venait d’être inaugurée.

Le général décéda le 4 décembre 1896. Il est enterré dans le vieux cimetière de Wissous derrière la mairie  près de la stèle érigée à la mémoire du colonel Flatters.

Fin 1899 début 1900, le Conseil Municipal délibère pour choisir une rue portant le nom du général de Gressot. Après avoir envisagé la rue de la Trinité (actuellement Victor Baloche) et celle du Chemin de fer, le choix se porte sur le chemin de la Vallée qui longe la propriété du général.

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Mystère des pierres tombales de Wissous

Des vestiges de pierres tombales ont été retrouvés, enfouies lors des travaux de restauration du lavoir de la rue Paul Doumer, dans les années 1980. Ils furent réutilisés et insérés dans le pavage entourant le lavoir. 

Nous nous sommes demandés, d’où pouvaient provenir ces éléments de pierres tombales. Nous avons fait des recherches qui nous ont donné des indices.

A la fin du 19° siècle un historien local a relevé dans l’église la présence de pierres tombales et notablement celles concernant diverses personnalités de Wissous parmi lesquelles figure le sieur Marchais décédé en 1660. Notons au passage qu’il existe sur la commune des lieux dits Les Petits et Grands Marchais qui ont certainement un lien avec ce personnage.

M. Pinard, un historien, note en 1865 la présence dans l’allée centrale de la nef  plusieurs pierres tombales, les unes en long les autres de travers ce qui démontre le peu de soin de ceux qui ont réalisé le dernier pavage. Elles sont antérieures à cette partie de l’édifice. La gravure au trait des personnages et leurs épitaphes ont a été effacés par le passage des fidèles. Seule celle située immédiatement à l’entrée est relativement bien conservée. On y voit gravé le nom de François Paris ou de Paris. Elle rappelle, d’après l’historien, la pierre tombale d’une religieuse du monastère de la Saussaye près de Villejuif apportée à Wissous et qui jadis recouvrait l’écoulement des eaux. Elle est placée maintenant sur le mur d’une maison voisine. La gravure représente la religieuse dont la figure et les mains sont en marbre blanc. Bien qu’endommagée l’inscription nous apprend qu’elle était la fille de François Dolu et qu’elle est décédée  le 9 mai 1610. M. Pinard pensait que cette pierre tombale méritait de figurer au musée lapidaire de Cluny.

L’abbé Lebeuf le célèbre historien (1687/1760) signale la présence :

  • dans le chœur, d’une pierre tombale du 13° siècle dont les inscriptions très effacées indiquent qu’il s’agit de celle d’un diacre ou un sous diacre à en juger par le livre qu’il tient à la main.
  • dans l’église, des pierres tombales recouvrent les restes de deux curés de Rungis, qui vécurent au cours du 16° siècle. Celle se trouvant dans le bas côté sud est disposée sur la sépulture d’un curé de Rungis, vicaire de Wissous. Il arrivait qu’un curé, sans occupation, se constituait vicaire dans une commune voisine plus importante.

Il s’avère donc que le pavage de l’église de Wissous comprenait un certain nombre de pierres tombales jusqu’au début du 20° siècle. En 1904, l’église menaçant ruine, il fut décidé d’y entreprendre d’importants travaux de restauration et des modifications pas toujours heureuses. Ainsi l’ancien pavage, avec les pierres tombales, fut entièrement retiré et remplacé par celui, sans intérêt, que nous connaissons actuellement.

Que sont devenues les pierres tombales ? C’est le mystère que nous aimerions bien élucider. Une hypothèse serait que les pierres tombales les plus dégradées aient été enterrées en particulier autour du lavoir, et que d’autres en meilleur état furent remis au musée lapidaire de  Cluny. Nous nous proposons d’interroger celui-ci pour savoir s’il n’y a pas eu un dépôt en provenance de Wissous dans les années 1904, 1905.

Pour les restes pavant le pourtour du lavoir, nous continuons d’espérer pouvoir un jour les retirer pour les conserver.